Avis de brise sur la Martinique

port-copy-gpmmLe trafic du grand port maritime de la Martinique dépassera-t-il en 2016 les 3,4 millions de tonnes réalisées en 2015 ? Rien n’est moins sûr. Hormis la construction d’une centrale à biomasse, aucun grand chantier n’est pour l’heure en cours sur l’île. Et, côté conteneurs, le transbordement promis par CMA CGM se fait attendre. C’était pourtant l’une des contreparties du pacte de fiabilité signé avec les dockers. Un accord qui ne concerne cependant que le terminal à conteneurs de la pointe des Grives, dont la modernisation se poursuit. De fait, les dockers pourraient bien également s’inviter dans la prochaine saison croisière. De quoi inquiéter les professionnels martiniquais déjà confrontés à un net fléchissement des prévisions tant pour les escales que pour les passagers. Les autres secteurs maritimes affichent un dynamisme retrouvé, avec une mention particulière pour la desserte internationale où la concurrence fait rage. En revanche, la pêche est à la peine. Le nombre de professionnels et de navires ne cesse de baisser, avec, comme corollaire, une production à l’avenant. Les aides en tous genres, censées structurer la filière et clôturer le dossier chlordécone, tardent à se mettre en place.

Dossier réalisé par Éric STIMPFLING

 

marthub

 

commerce Retour au calme chez les dockers

Aucun conflit social n’est venu perturber le fonctionnement du port de Fort-de-France depuis la grève de novembre 2014. Les partenaires sociaux ont signé un pacte de fiabilité. Le trafic transbordement fait timidement son retour à la pointe des Grives.

« Il y a aujourd’hui un engagement à servir les bateaux et les bateaux sont servis, constate Jean-Rémy Villageois, président du directoire du grand port maritime. Nous avons certes retrouvé de la fiabilité mais elle doit être renouvelée tous les jours afin de redonner confiance à nos clients. » Le terminal de la pointe des Grives revient en effet de loin.
En octobre 2014, à l’appel du STPFF (Syndicat des travailleurs du port de Fort-de-France), les dockers avaient déclenché une grève pour réclamer le versement d’une prime ro-ro. Le conflit a perduré pendant plus d’un mois, entraînant le départ de toutes les lignes transbordement vers le port guadeloupéen de Pointe-à-Pitre. Un choc pour toute la communauté portuaire.
« Il a fallu retisser du lien, dans une ambiance hors conflit », explique Xavier Hauterat, directeur régional de CMA-CGM. Les partenaires sociaux ont alors entamé une négociation qui a duré sept mois, à raison d’une semaine sociale par mois. Le 13 avril 2016, dockers et manutentionnaires ont signé un pacte de fiabilité… À Marseille, au siège de CMA CGM, devant Rodolphe Saadé, directeur général délégué.
Selon plusieurs signataires, ce dernier se serait engagé au retour du trafic transbordement à Fort-de-France. En contrepartie, les dockers ont garanti que les navires seront travaillés sur le terminal de la pointe des Grives. L’organisation du travail a également fait l’objet de modifications.

Près de 180 dockers, mensualisés ou en CDD, travaillent sur le port. (Photo : GPMM)
Près de 180 dockers, mensualisés ou en CDD, travaillent sur le port. (Photo : GPMM)

Les 115 dockers mensualisés, auxquels s’ajoutent 63 CDD à usage constant dont 21 prioritaires, travaillent désormais selon une programmation par tendance (matin, après-midi et variable) et sur trois semaines. « Cette nouvelle organisation des équipes permet à chacun d’anticiper selon ses impératifs personnels », explique Georges Login, délégué syndical CNTPA-CFDT.
En cas d’extension de shift, il y a désormais la possibilité de commander une équipe supplémentaire. « Cela a permis d’introduire de la souplesse », reconnaît Dominique Chauvet, directeur de la société de la manutention Chautram.
Depuis le mois de juin, le trafic transbordement repart tout doucement avec le retour du service Guyanas de CMA CGM, couplé à l’augmentation des capacités d’emport des Pointe, les porte-conteneurs reefers qui ont remplacé les Fort. En réalité, tout le monde attend le retour du service Brazex (1). Annoncée en juillet, sa réouverture a déjà été déprogrammée à plusieurs reprises, faute de trafic suffisant. « Nous nous fixons un objectif de 20 000 à 25 000 boîtes en transbordement en année pleine », maintient Jean-Rémy Villageois.
« Le terminal de la pointe des Grives a été sanctuarisé, mais pour le reste des installations portuaires, rien n’a changé », déplore Xavier Aubéry, directeur de la Société nouvelle de manutention.

(1) Sud Brésil – nord Brésil – Kingston – Carthagène – Manzanillo.

 

GRSP

 

Le terminal à conteneurs poursuit sa modernisation

Le GPMM poursuit les travaux d’extension du terminal à conteneurs de la pointe des Grives. Les trois hectares de terre-plein, qui constituent le premier volet, seront livrés courant novembre, avec quelques mois de retard sur le calendrier prévu. Le budget de 15 millions d’euros a, lui, été tenu.
L’appel d’offres du second volet devrait être lancé dès que le budget de 45 millions d’euros sera finalisé. Pour l’heure, 15 millions proviennent des fonds européens, via le Feder, et 10 autres devraient être apportés par la collectivité territoriale de Martinique. Le quai principal sera rallongé de 150 mètres, un duc-d’Albe sera installé et deux hectares supplémentaires de terre-plein seront créés.
« Ce sera un ouvrage très innovant, associant l’usage de pieux et un épaulement sur remblais, assure Jean-Rémy Villageois, président du directoire du GPMM. Les études menées par le cabinet d’études Artélia permettent d’éviter l’emploi de matériaux de remblais issus du récif corallien de la Grande Sèche. » De quoi calmer l’Assaupamar, la principale association écologiste martiniquaise.
Les manutentionnaires viennent de réceptionner quatre nouveaux cavaliers. Cinq autres ont été entièrement remis à neufs. « Tout cela contribue à améliorer la fiabilité technique qui vient s’ajouter à la fiabilité sociale retrouvée », ajoute Xavier Hauterat, directeur régional de CMA CGM.

 


Nouveau recul de l’activité maritime

En 2015 le trafic total du grand port maritime s’est établi à 3 405 315 tonnes, en retrait de 4,8 %. Si les vracs liquides enregistrent une augmentation avec 1 643 012 tonnes (+4,2 %), les vracs solides reculent de 1,4 % (236 269 tonnes). Les conteneurs, eux, plongent de 7,4 % (159 231 EVP), les transbordements étant divisés par deux (17 184 EVP, -52 %). Le trafic passagers se porte mieux avec 664 658 personnes transportées (+26 %).


 

Le pilotage confronté à la baisse des trafics

Avec une progression des recettes de 6 %, la station de pilotage de Fort-de-France affiche un bilan 2015 plutôt satisfaisant. En réalité, la croisière a très largement compensé la diminution du nombre d’escales des navires de fret. Exemple à Bellefontaine, où la nouvelle centrale électrique d’EDF fonctionne avec de nouveaux moteurs moins gourmands en énergie. Au Robert, la fermeture de la minoterie a entraîné une baisse des escales du 33 % dans ce port secondaire.

Emmanuel Lise, président de la station, n’est guère optimiste pour la saison à venir. (Photo : DR)
Emmanuel Lise, président de la station, n’est guère optimiste pour la saison à venir. (Photo : DR)

« Les prévisions ne sont pas très encourageantes pour la prochaine haute saison, seules 170 escales de paquebots sont programmées (NDLR : contre 198 lors de la saison précédente). Et côté fret, les perspectives de développement sont atones, pour ne pas dire inexistantes », analyse Emmanuel Lise, le président de la station. Seul le projet d’Albioma, une usine thermique fonctionnant à la biomasse, pourrait éventuellement générer un nouveau trafic, des granulés de bois en provenance des États-Unis.
Pour diminuer ses coûts d’exploitation, la station a déniché sur internet une unité d’occasion du côté de Douarnenez. Longue de 9 mètres, le Pipiri est une embarcation de type pneumatique, en alu, avec des boudins rigides et propulsée par deux moteurs Volvo in-bord de 260 ch. Une fois les travaux achevés (révision complète des moteurs et montage d’une cabine), cette nouvelle pilotine doit entrer en service à la mi-octobre.

 

remorquage La Somara investit pour encore monter en puissance

« Le chiffre d’affaires a progressé de 18 % en 2015 et la tendance demeure satisfaisante sur le premier semestre 2016 », avoue Jean-Pierre Porry, directeur de la Somara. Fort de ce bilan, la Société martiniquaise de remorquage et d’assistance a programmé la construction d’une nouvelle unité de 55 tonnes de traction, dotée d’une propulsion azimutale.
« Les discussions sont en cours avec plusieurs chantiers, indique Jean-Pierre Porry. Cette unité sous pavillon français est destinée à nous permettre d’accompagner l’évolution du trafic du port de Fort-de-France. »
La Somara aligne aujourd’hui trois remorqueurs dans le port martiniquais, où est regroupé le centre d’entretien de toute la flotte. Un quatrième remorqueur assure la traction de la barge Desal 1. Cette barge ro-ro de 99 mètres de long pour un port en lourd de 6 500 tonnes assure le transport de divers et le déchargement de navires en difficulté. Elle remplace son sister-ship GO 4.
Une cinquième unité est basée au terminal pétrolier de Saint-Eustache (Statia Terminal), où a été créée une filiale commune avec Svitzer, dénommée Svitzer-Somara Caribbean (SSC). « Cette nouvelle entité a généré des synergies importantes entre nos sociétés et nous a permis d’assurer sa croissance. »
Ne regroupant au départ que les remorqueurs Statia Star (apporté par Somara) et Svitzer Caroni, rebaptisé Statia Caroni (apporté par Svitzer), SCC a fait l’acquisition en février 2016 de la flotte des fuel barges et des remorqueurs de la société Seabulk, une filiale de Seacor qui était également implantée au terminal de Statia.
Ce sont désormais onze unités (six remorqueurs et cinq barges de fuel) qui sont opérées par SSC. Svitzer en assure le management tandis que Somara en assure la gestion commerciale et le développement.

Le « Statia Star » (armement SSC) devant le terminal pétrolier de Saint-Eustache. (Photo : Somara)
Le « Statia Star » (armement SSC) devant le terminal pétrolier de Saint-Eustache. (Photo : Somara)

 

Ferrymar La ligne antillaise du « Marin »relancée

ferrymar

Déclaré bon pour le service après sa visite des 25 ans dans le bassin de radoub de Fort-de-France, le Marin de Ferrymar, filiale de Marfret, a repris ses rotations entre la Guadeloupe et la Martinique. Le pluriel est d’actualité puisque ce navire roulier de 114 mètres, battant pavillon du Luxembourg, dessert à nouveau les deux îles antillaises à raison de deux escales par semaine depuis le 1er juillet. Il s’agit de la troisième tentative de ce type. Les deux premiers essais remontent au démarrage de la ligne en décembre 2008 puis en juillet 2012. « Cela va nécessiter du temps pour que les chargeurs intègrent cette nouvelle donne, mais nous sommes confiants », explique Bruno Julius, chef de ligne de Ferrymar. Disposant de 900 mètres de linéaire répartis sur trois ponts et d’une capacité de 143 EVP, le Marin a transporté 3 300 remorques et 1 200 EVP en 2015. Il est souvent considéré comme le vecteur le plus adapté au marché unique antillais qui représente près d’un million de consommateurs.

 


Les rangs du cluster maritime ne cessent de grossir

Trois ans après sa création, le Cluster maritime compte une trentaine de membres. Un chiffre en progression. « Le monde maritime martiniquais semble avoir enfin pris conscience de la nécessité de travailler ensemble », se réjouit son président Emmanuel Lise, par ailleurs président de la station de pilotage. Une vingtaine d’entreprises participent au groupe de travail consacré au secteur de la réparation navales. « Nous essayons de développer une synergie entre le bassin de radoub de Fort-de-France et la zone technique du Marin. » À terme, un site internet sera dédié à la réparation navale en français et anglais. Le cluster souhaite également créer une bourse du travail afin de faciliter les contacts entre les jeunes à la recherche d’un emploi et les différents secteurs maritimes. Seul bémol, le groupe de travail consacré au marché unique antillais (MUA), pourtant le premier à avoir été créé au sein du cluster, peine à fédérer les énergies.


 

 

pilotage

 

La croisière marque le pas

Après plusieurs années de croissance, la croisière affiche des prévisions en baisse pour la prochaine haute saison 2016-2017. De quoi inquiéter la communauté portuaire.

Avec 370 635 passagers pour 198 escales de paquebots, la haute saison 2015-2016 a constitué un excellent millésime pour le grand port maritime. Le trafic a augmenté de 26 % par rapport à la haute saison précédente.
En revanche, 2016-2017 annonce un reflux net. Seulement 170 escales et 340 000 passagers sont attendus entre l’appontement de la pointe Simon et le quai des Tourelles. « Il y a des corrections qui s’opèrent principalement sur la croisière de transit qui demeure un marché très volatil », reconnaît Jean-Rémy Villageois, président du directoire du GPMM.
« Au-delà des paramètres classiques, comme la sécurité et la qualité des installations portuaires, les compagnies sont, aujourd’hui, de plus en plus attentives à la rentabilité de l’escale », ajoute David Baude. Le président du groupement du tourisme de croisière de la Martinique est le responsable réceptif chez Roger Albert voyages, le plus important prestataire d’excursions organisées.
« Nous sommes face à un nouveau phénomène où les passagers réservent directement, par internet, des prestations qui auparavant étaient facturées par le bord. » Ce nouveau comportement consumériste concernerait essentiellement la clientèle européenne. Les croisiéristes américains seraient beaucoup moins aventureux.
« À produit touristique égal, nous sommes moins compétitifs que nos voisins de la Caraïbe, chez qui les normes sont moins contraignantes et les charges sociales moins importantes… quand elles existent. » Certaines compagnies souhaiteraient également pouvoir faire fonctionner leurs machines à sous durant l’escale. Une pratique interdite par la réglementation française.

L’appontement de la pointe Simon est dédié à la croisière en transit. (Photo : GPMM)
L’appontement de la pointe Simon est dédié à la croisière en transit. (Photo : GPMM)

« À nous d’imaginer un système de navettes gratuites avec le casino de Fort-de-France », propose Jacques Bajal, chef du pôle croisière au comité martiniquais du tourisme. Reste également à convaincre les commerçants et les institutions, comme les musées, d’accepter les paiements en dollars. « C’est malheureusement l’une des critiques récurrentes que nous font les passagers nord-américains. »
En face du compte d’escale, on trouve le coût de l’escale. Et ce dernier pourrait bien augmenter lors de la prochaine haute saison pour les navires en port base. Les dockers revendiquent désormais l’exclusivité des tâches réalisées au sein de l’enceinte portuaire. Sont concernés la manutention des valises et l’avitaillement des navires. « À la rentrée, nous allons rouvrir les négociations », prévient Georges Login, délégué syndical CNTPA-CFDT.
Une surenchère inacceptable pour certains agents maritimes qui craignent le départ des compagnies de croisière vers la Guadeloupe où, à prestations égales, les prix pratiqués sont deux à trois fois moins chers qu’en Martinique.
Le GPMM assure avoir pris la mesure de ce « risque majeur. Nous allons travailler en concertation avec les partenaires sociaux pour trouver une solution », promet Jean-Rémy Villageois.

 

transcaraibes

 

passagers La concurrence fait rage en direction de Sainte-Lucie

Un an après s’être positionné sur la ligne internationale entre Fort-de-France et Rodney Bay, Carib Sea Lines a été contraint de diminuer la voilure. Depuis le 1er juin, seul le Pearl Island (ex-Punta Bianca) assure les quatre allers-retours par semaine en direction de Sainte-Lucie. Les Gros Îlet et Fort Royal, les deux vedettes de 66 places présentes au moment du lancement de la ligne, ont été reversées dans la flotte des Vedettes tropicales, compagnie qui assure le transrade dans la baie de Fort-de-France. Selon les données 2015 du grand port maritime, seuls 2 200 passagers ont été comptabilisés sur les quatre premiers mois et demi d’activité.
« Nous souffrons de la concurrence des navires qui se sont positionnés au départ du Marin, dénonce Charles Conconne, gérant de Carib Sea Lines. Ces navires ne font l’objet d’aucun contrôle de la part des douanes et de la police, alors qu’il s’agit pourtant d’une ligne internationale. Ce sont des faits d’une extrême gravité, surtout dans le contexte actuel. » Un constat partagé par l’Express des îles et sa filiale low-cost Jean’s For Freedom, tous deux présents au départ de Fort-de-France pour assurer la desserte jusqu’à Castries, la capitale de Sainte-Lucie.
Le 20 juin, le gérant de Carib Sea Lines a donc écrit au préfet de Martinique. Et le message a été entendu. Des patrouilles volantes des douanes et de la police aux frontières sont à nouveau présentes de manière aléatoire à l’arrivée des vedettes au port du Marin, dans le sud de la Martinique.

Le « Capo Rosso 1 », de la compagnie TEC, sur son appontement privé au Marin.
Le « Capo Rosso 1 », de la compagnie TEC, sur son appontement privé au Marin.

« Nous sommes parfaitement en règle et 80 % de nos passagers sont contrôlés », affirme Gilles Marchand, l’un des deux cogérants de Transport express Caraïbes. TEC exploite depuis janvier 2015 le Capo Rosso 1, une vedette de 19 mètres pouvant embarquer jusqu’à 95 passagers, à raison de quatre rotations par semaine. Disposant de son propre ponton privé, TEC indique avoir transporté 12 000 passagers en 2015. Le Capo Rosso 1 est également la première vedette de moins de 24 mètres à pouvoir effectuer une desserte internationale, en application du Caribbean Smal Vessel Act.
Dernier arrivé sur la ligne, Bleu et or dispose pour l’heure d’un agrément provisoire. Cette compagnie maritime assure depuis février six rotations par semaine depuis un quai appartenant à la ville, avec une seule unité éponyme. Long de 13,60 mètres, ce catamaran est capable de transporter 48 passagers.
« Aujourd’hui, je m’en remets à Dieu », philosophe Tommy Lucien, capitaine et gérant de l’armement. « Tout le monde s’observe et se dénonce. Ils feraient mieux de se battre sur la qualité du service », conclut Michel Peltier, le directeur de la Mer.

 

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transrade Quatre nouvelles vedettes « chinoises »

Un peu moins d’un an après avoir obtenu la délégation de service public pour le service transrade de la baie de Fort-de-France, la Compagnie martiniquaise de navigation (CMN) s’apprête à renouveler les deux tiers de sa flotte, composée des Fort Royal, Gros Îlet, Foyalaise, Tropical, Joséphine, Île aux fleurs et Mona.
Quatre vedettes de transports de passagers sont en cours de construction au chantier naval ODC Marine, à Dalian en Chine. Livrées en décembre, les deux premières unités, dotées de deux moteurs Cummins de 410 ch, pourront embarquer 98 passagers en 4e catégorie. Les deux suivantes, livrables en mai 2017, disposeront d’une motorisation plus puissante, deux Scania de 700 ch, pour une capacité de 147 passagers.
Charles Conconne, le gérant de la CMN, avait pourtant signé en février 2015 une lettre d’intention pour la commande de quatre unités similaires avec TIG, le chantier naval guadeloupéen, filiale d’Océa. « ODC Marine nous a proposé un produit clé en mains, comprenant des tarifs inférieurs et le financement », explique-t-il. Les deux unités de 100 places sont annoncées à 850 000 euros pièce, rendues en Martinique. Celles de 150 places affichent un prix unitaire d’1,4 million d’euros.

L’une des deux vedettes de 98 places en cours de construction au chantier ODC Marine à Dalian en Chine. (Photo : ODC Marine)
L’une des deux vedettes de 98 places en cours de construction au chantier ODC Marine à Dalian en Chine. (Photo : ODC Marine)

« L’objectif est d’avoir une flotte homogène. Jusqu’à présent, chaque navire avait des moteurs différents. À partir de 2017, nous n’aurons plus que deux types de moteurs à gérer. De quoi optimiser la gestion de flotte et le stock des pièces détachées. »
Présente sous la bannière commerciale des Vedettes tropicales, la CMN va donc aligner quatre navires neufs et deux autres unités âgées de cinq ans. Un 7e navire, doté de deux moteurs neufs, sera maintenu en réserve. Outre la desserte des Trois Îlets, de la pointe du Bout et de l’anse Mitan, la DSP prévoit également l’ouverture d’une ligne vers Case-Pilote. Ouverture désormais reportée à date ultérieure en raison de l’opposition de certains élus locaux et des taxis collectifs. On estime à 500 000, le nombre de passagers qui utilisent chaque année le transrade.

 

somara

 

Activité en forte hausse au Cross Antilles-Guyane

Avec 21 000 personnes secourues lors de plus de 11 000 opérations, le Crossag affiche un bilan plutôt flatteur à l’occasion de son 15e anniversaire. Pour l’occasion, le centre a bénéficié d’une refonte complète de sa salle opérationnelle. « Quinze ans de procédures désormais bien rodées qui font que nous sommes désormais connus et reconnus dans le paysage maritime caribéen », se réjouit Édouard Perrier, directeur du Crossag.
Sa zone d’intervention couvre aujourd’hui plus de 3 millions de km2, des Antilles en Guyane jusqu’au milieu de l’Atlantique. En 2015, l’activité du centre de Fort-de-France a augmenté de 40 %, en raison notamment d’un report de la clientèle de plaisance de la Méditerranée vers la Caraïbe.
Mais la principale inquiétude porte sur la croisière. « En 2001, « Le Mistral » s’était échoué au sud de Nevis avec plus de 1 600 passagers à son bord, aujourd’hui, on parle de 6 000 à 10 000 personnes, en prenant en compte l’équipage. Et là, clairement, il nous faut définir d’autres modes d’action. La directive safe return to port constitue une première réponse, notamment pour les navires les plus récents, mais quid des anciens ? »
La création d’un réseau international de centres d’alerte dans la Caraïbe peut constituer un autre élément de réponse. Un accord de coopération existe avec l’île de Sainte-Lucie depuis 2004. Des négociations sont en cours avec les îles d’Anguilla, Sint Maarten, Antigua et Barbuda et La Dominique.

 

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SNSM Un nouveau canot à la station de La Trinité

L’« Amiral de Grasse » est désormais opérationnel à La Trinité. (Photo : Monique Labonne)
L’« Amiral de Grasse » est désormais opérationnel à La Trinité. (Photo : Monique Labonne)

Avec l’arrivée de l’Amiral de Grasse en avril dernier, la Martinique possède désormais une cinquième station SNSM à La Trinité. « Nous sommes la seule station créée en 2016, annonce fièrement Jean-Paul Alaric, son président. Grâce à ce canot, nous allons pouvoir couvrir une bonne partie de l’est de l’île et ainsi prêter main-forte aux sapeurs pompiers qui, sur cette zone, ne disposent que d’un canot pneumatique. »
Canot de 2e classe, l’Amiral de Grasse était auparavant affecté à la station de Théoule-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. « Il est léger et puissant », assure Patrick Palmont, son nouveau patron, qui sait pouvoir compter sur une équipe de 40 volontaires.
Autre avantage, la maintenance du canot est assurée par l’équipe technique de l’EFPMA (École de formation professionnelle maritime et aquacole) de La Trinité… dirigée par Jean-Paul Alaric. « Nous allons pouvoir réaliser quelques belles économies en mutualisant les moyens », assure-t-il.

 

cmant

 

réparation navale Un nouveau gestionnaire au bassin de radoub

Le groupe Larcher, qui a repris la concession du bassin de radoub de Fort-de-France, entend faire revenir les armements qui font réparer leurs navires dans d’autres pays des Caraïbes.

Ena (Entreprise nouvelle antillaise), filiale du groupe martiniquais Larcher, est, depuis l’an passé, le nouveau concessionnaire du bassin de radoub, suite à l’appel d’offres lancé par le GPMM, propriétaire du site. Ena compte aujourd’hui 47 salariés, auxquels viennent s’ajouter 20 à 25 intérimaires, en fonction des chantiers.
Ena travaille avec la plupart des armements locaux, tels que la Somara, TMDD ou encore Caraïbes remorquages. Voisine de la forme de radoub, la base navale de la Marine nationale y envoie également ses unités. Le remorqueur Maïto est programmé pour la fin de l’année. La frégate légère Ventôse est attendue à partir de mars 2017 pour un chantier de trois mois.
« Nous avons la volonté de faire revenir à Fort-de France les armateurs internationaux qui s’étaient reportés sur les chantiers de Trinidad, Curaçao et de la République dominicaine », affirme Gaétan Cocaut, le responsable réparation navale. Pour trouver de nouveaux clients, le chantier s’appuie aussi sur des représentants aux Pays-Bas et en Allemagne. Des discussions sont en cours pour l’Europe du sud. « Nous avons aujourd’hui une visibilité jusqu’en juin 2017 », indique Gaétan Cocaut.

Gaétan Cocaut, responsable réparation navale d’Ena, se réjouit d’avoir une visibilité jusqu’en juin 2017.
Gaétan Cocaut, responsable réparation navale d’Ena, se réjouit d’avoir une visibilité jusqu’en juin 2017.

Le chantier assure, en propre, la chaudronnerie, la soudure et la mécanique générale. Le traitement extérieur des coques est assuré par sa filiale, Martinique Dry dock peinture, rachetée en 2015. Un partenariat a été conclu avec le motoriste Sud moteurs. Le bassin de radoub accueille aussi d’autres professionnels, comme Global marine, spécialisé dans la fourniture de peinture et d’antifouling.
Pour accompagner Ena, le GPMM a lancé un programme d’investissement à hauteur de 1 million d’euros. Un nouveau local abritant le circuit de pompage d’eau de mer vient d’être achevé.
Le hangar, autrefois occupé par le chantier naval Multicap Caraïbes, est en cours de rénovation. Il devrait accueillir prochainement l’antenne martiniquaise de Sud moteurs.
L’ancien bateau-porte est en cours de démantèlement. Enfin l’ancienne capitainerie devrait être détruite pour libérer de nouveaux espaces au sol. « L’idée est de créer un village réparation navale, sur le modèle du cluster Neopolia en Pays de la Loire », explique Jean-Rémy Villageois, président du directoire du GPMM.

 

Le Marin veut attirer davantage de maxi-yachts

Le port de plaisance du Marin, un des plus importants des Antilles, tente d’attirer davantage d’unités de plus de 25 mètres. La zone de carénage, gérée par Carenantilles, a reçu un nouveau portique de 440 tonnes.

Fort de ses 838 places à quais et de ses 100 bouées d’amarrage, le port de plaisance du Marin poursuit son développement. Deux nouveaux pontons ont été construits. « Cela permet de libérer de la place sur les pontons principaux et d’accueillir jusqu’à 12 unités de 25 à 50 mètres », explique Éric Jean-Joseph, le directeur de la Saepp (Société d’exploitation des ports de plaisance).
Le poste carburant a été rallongé de 30 mètres. Il accueille une nouvelle boutique et une pompe à essence pour maxi-yachts, capable de débiter jusqu’à 12 m3 par heure de carburant. « Nous avons effectué une bonne saison 2015-2016. Pour l’heure, la parité euro-dollar demeure notre meilleur argument. »
Le port de plaisance accueille quatorze sociétés de location de navires de plaisance et onze loueurs individuels. Depuis cette année, le Saepp a choisi également d’être présente dans les salons internationaux. « Nous cherchons à capter les clientèles d’Amérique centrale et du Sud. »

Arthur Lucy de Fossarieu, directeur de Carénantilles, devant le travel-lift de 440 tonnes.
Arthur Lucy de Fossarieu, directeur de Carénantilles, devant le travel-lift de 440 tonnes.

Classée Pavillon bleu depuis 2007 et dotée du label station nautique 2 étoiles, la ville du Marin s’est engagée dans une démarche de développement durable en partenariat avec le port de plaisance. « Nous souhaitons changer le mix énergétique et nous équiper de bornes intelligentes, alimentées par des batteries au lithium couplées à des panneaux photovoltaïques. » Reste à boucler le tour de table financier, estimé entre 800 000 et 1 million d’euros.
Quelques centaines de mètres plus à l’ouest, la zone technique de carénage a déjà effectué sa mue environnementale. Les 2 hectares de terre-plein ont été resurfacés, imperméabilisés et dotés d’un système de collecte et de traitement des eaux grises et noires. La capacité d’accueil passe ainsi de 220 à 300 places au sol. Un centre de tri sélectif des déchets a été ouvert en juin.
L’ancien slipway a fait place à une nouvelle darse de 14 mètres de large et de 5 mètres de tirant d’eau. Un ponton flottant de 240 mètres de linéaire a également été installé. « Il va nous servir à la fois de ponton d’accueil pour toutes les unités, de l’annexe au maxi-yacht de 55 mètres, mais également de ponton de travail », indique Arthur de Lucy de Fossarieu, directeur de Carenantilles, gestionnaire de la zone de carénage au travers d’une DSP.
Carenantilles a aussi investi dans deux grues de levage, respectivement de 80 et de 440 tonnes, pour un montant de près de 2 millions d’euros.
« La grue de 440 tonnes nous permet d’attaquer le marché des maxi-yachts. Et nous commençons à avoir de nombreuses demandes de cotation, assure Arthur de Lucy de Fossarieu. Aujourd’hui, nous sommes devenus complémentaires de la forme de radoub de Fort-de-France. »

 

efpma

 

La pêche, une réalité mal cernée

Plus de mille ou seulement quelques centaines ? Le nombre de navires de pêche actifs toute l’année semble en tout cas bien inférieur aux statistiques officielles.

Que représente la pêche en Martinique aujourd’hui ? 1 233 navires et 1 407 marins, si l’on se réfère aux données du système d’information halieutique (SIH) de l’Ifremer, qui datent de 2014. Un premier constat tempéré par ce même SIH, qui précise que seuls 806 navires seraient actifs. Un chiffre encore revu à la baisse au premier semestre 2015 par la direction de la Mer, qui a procédé au retrait de 200 licences de pêche.
« Aujourd’hui, le nombre réel de navires qui fonctionnent normalement atteint à peine les 300 unités, estime Michel Peltier, directeur de la Mer. Un chiffre corrélé avec les ventes de carburants et le nombre d’adhérents à la caisse chômage et intempéries. » Les autres patrons pratiquent l’agriculture, travaillent dans le BTP ou le tourisme. Leurs navires n’arment que lors des périodes d’ouverture à l’oursin blanc, ou pendant les fêtes de fin d’année pour la langouste.
Côté production, les chiffres sont à l’avenant. Le SIH estime la production moyenne à 736 tonnes en 2014. Un document de travail récent de la CTM (collectivité territoriale de la Martinique), établi dans le cadre de la préparation du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp) 2014-2020, prévoit un tonnage global annuel de 1 048 tonnes. Un volume qui prend en compte 166 tonnes de vivaneaux pêchés sur le plateau guyanais et 142 tonnes produits par la pisciculture.

Un caseyeur au Marin. Avec ses nasses à l’arrière, ce navire fait partie de la flotte réellement en activité.
Un caseyeur au Marin. Avec ses nasses à l’arrière, ce navire fait partie de la flotte réellement en activité.

Le véritable juge de paix pourrait être le plan de compensation des surcoûts (PCS). Pour bénéficier de ces fonds compensant l’éloignement des marchés européens, les professionnels doivent en effet être à jour des fiches de captures et pouvoir justifier de factures acquittées. « Autant de paramètres forcément discriminants », reconnaît-on à la DM.
Pour aider les professionnels dans leurs démarches, le comité régional des pêches a initié l’Association de préfiguration de l’interprofession pêche et aquaculture de Martinique (Afipam). Au 15 septembre, date limite de dépôt, seule une cinquantaine de dossiers ont été déposés au titre des années 2014-2015 et du premier semestre 2016. « Cela n’a pas été un grand succès. La faute à une communication tardive », reconnaît Franck Présent, directeur de l’Afipam.
« Ce résultat est largement prévisible, compte tenu du nouveau cadre réglementaire, affirme Olivier Marie-Reine, président du comité. De facto, 80 % de la profession sont écartés du dispositif. » Le directeur de l’Afipam souhaite lancer une grande campagne d’information, en collaboration avec la DM et la CTM, pour convaincre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs d’adhérer au PCS avant le 15 mars 2017. La diminution de la flottille risque de se faire naturellement. Plus de 50 % des armateurs sont en effet âgés de 50 ans, et encore plus selon les données SIH de 2014.

 

formation 57e rentrée à l’EFPMA de La Trinité

Le 1er septembre, 73 élèves ont fait leur rentrée à l’École de formation professionnelle maritime et aquacole (EFPMA) de Trinité, seul établissement de ce type aux Antilles-Guyane. Quarante-six adultes ont également intégré les modules de formation continue. L’EFPMA propose en formation initiale le CAP matelot et deux bac pro (électromécanicien marine et CGEP, conduite et gestion des entreprises de pêche). « Notre but, c’est de leur faire comprendre que le bac, cela se réussit forcément avec mention, histoire qu’ils poursuivent leur cursus », affirme Jean-Paul Alaric, son directeur.

Jean-Paul Alaric dirige l’EFPMA de La Trinité. (Photo : Monique Labonne)
Jean-Paul Alaric dirige l’EFPMA de La Trinité. (Photo : Monique Labonne)

L’école assure aussi de la formation continue, pour les brevets de capitaine 200 et 500 mais aussi pour le certificat d’aptitude au commandement à la petite pêche, grâce à la validation des acquis par l’expérience. « L’an passé, quelques stagiaires avaient largement dépassé les 70 ans, de quoi motiver certains de nos gamins un peu difficiles. » Enfin, près d’une dizaine de modules spécifiques sont dispensés : STCW, CAEERS (sauvetage) ou les médicaux I, II et III.
Fondée en 1959 à Fort-de-France, l’EFPMA a pris ses quartiers en 1972 à Autre-Bord dans la baie de Trinité. École privée sous contrat d’association, elle est financée à 80 % par la CTM, le solde étant répartis entre l’État et les entreprises privées. « Nous sommes considérés comme un satellite orbitant en périphérie, alors que nous avons vocation et compétence à être lycée maritime », regrette Jean-Paul Alaric.

 

fimar

 

 chlordécone En attente des aides

En janvier, la direction de la Mer a créé une plateforme, baptisée Avenir pêche, confiée à la boutique de gestion aux entreprises (BGE). Ce réseau associatif a procédé aux entretiens individuels de 94 pêcheurs volontaires afin de déterminer avec eux l’évolution de leur activité. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre du plan chlordécone III, destiné à compenser les interdictions d’exercer dans des zones infestées par cet insecticide toxique utilisé par l’industrie de la banane.
Il y a ceux qui veulent quitter le métier. Trente-deux professionnels, âgés de 55 ans, bénéficieront d’une mesure d’aide sociale, financée à hauteur d’1,5 million d’euros par l’État : 30 000 euros sur trois ans ou 50 000 euros sur cinq ans. « Le dispositif devrait durer jusqu’en 2019. Il reste encore cinq à sept mesures à attribuer », précise Michel Peltier, directeur de la Mer.
Il y a ceux qui optent pour une diversification vers un autre secteur économique. Ils sont 27. Dix autres veulent se reconvertir vers du Nuc (navires à utilisation collective) ou du pescatourisme. Enfin, 18 patrons souhaitent se maintenir dans la pêche en bénéficiant d’aides à l’amélioration de la rentabilité, à la transformation des produits de la mer.
« Ces propositions s’apparentent à des marchés de dupes, d’autant que rien n’est encore arrêté sur le plan budgétaire », prévient Olivier Marie-Reine, président du comité régional des pêches. Le financement de ces différentes mesures dépend pour l’essentiel du Feamp 2014-2020. La collectivité territoriale de Martinique (CTM) devrait être désignée dans les prochains jours « organisme intermédiaire » et aura en charge la gestion de ce dossier, doté de 10,9 millions d’euros.
Hors des mesures liées au chlordécone, Alfred Marie-Jeanne, président de la CTM, a annoncé, lors d’Assises de la pêche tenues le 9 juin à Fort-de-France, un plan de modernisation des ports de pêche à hauteur de 3,5 millions d’euros et le financement de 28 dispositifs de concentration de poissons (DCP) pour un montant total de 200 000 euros.

 

 

 

 

 

 

 


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